L’OMS publie des lignes directrices pour la prévention de la démence, sans inclure les suppléments

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié de nouvelles directives indiquant que les personnes peuvent réduire leur risque de démence en réduisant les facteurs de risque modifiables tels que le tabagisme, la consommation excessive d’alcool et le manque d’activité physique.

Les directives recommandent de faire de l’exercice régulièrement et de mener une vie saine, plutôt que de prendre des suppléments de vitamines ou d’autres pilules.

Diego Cervo |

Selon l’OMS, environ 50 millions de personnes dans le monde souffrent de la maladie d’Alzheimer ou d’une autre forme de démence, un nouveau cas étant diagnostiqué toutes les trois secondes.

La démence représente un fardeau économique énorme pour la société;

La démence est caractérisée par un déclin de la fonction cognitive qui dépasse ce à quoi on pourrait normalement s’attendre du fait du vieillissement normal.

La démence peut découler de toute une gamme de maladies et de lésions cérébrales telles que les accidents vasculaires cérébraux.

Compte tenu du nombre croissant de nouveaux cas, du lourd impact social et économique et de l’absence de traitement curatif, l’OMS estime qu’il est impératif que les gens s’efforcent de réduire les facteurs de risque modifiables de la maladie.

“Ce qui est bon pour notre cœur l’est également pour notre cerveau”

Un des nombreux domaines d’action inclus dans lePlan d’action mondial pour la réponse de la santé publique à la démence 2017-2025se concentre sur la réduction des risques.

«Dans les 30 prochaines années, le nombre de personnes atteintes de démence devrait tripler», a déclaré le Directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour réduire notre risque de démence.

Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS

Les lignes directrices ont été conçues pour fournir aux professionnels de la santé les connaissances dont ils ont besoin pour conseiller les patients sur les mesures à prendre pour réduire leur risque de déclin cognitif et de démence.

Bien que le vieillissement soit l’un des principaux facteurs de risque, la démence «n’est pas une conséquence naturelle ou inévitable du vieillissement», indiquent les directives. Un éventail de maladies et de facteurs liés au mode de vie augmente le risque de développer une démence et les scientifiques estiment qu’environ un tiers

Comme la maladie n’est pas curable et que de nombreux traitements expérimentaux se sont révélés inefficaces, cibler les facteurs de risque de la maladie et se concentrer sur la prévention pourrait être plus bénéfique à court terme, ajoute-t-elle.

Pas de raccourcis

Une partie importante des conseils donnés dans les directives de l’OMS font écho à ce que l’on pourrait appeler le sens commun.

D’autres recommandations couvertes dans les lignes directrices donnent des conseils sur les interventions nutritionnelles et cognitives et sur la façon de gérer la dépression et la perte auditive.

L’OMS affirme que, même s’il n’existe pas de preuves solides permettant de penser que de telles interventions préservent la cognition, elles encouragent un mode de vie réputé être bon pour la santé en général.

Les lignes directrices indiquent que des régimes alimentaires sains tels que suivre un régime méditerranéen peuvent aider à réduire le risque de démence, mais que les gens ne peuvent pas s’attendre à des compléments tels que des pilules de vitamines ou de l’huile de poisson.

“Il n’existe actuellement aucune preuve montrant que la prise de ces suppléments réduise réellement le risque de déclin cognitif et de démence, et nous savons en effet que, à fortes doses, ils peuvent être nocifs”, a déclaré Neerja Chowdhary, responsable technique de l’OMS.

Les directives n’encouragent pas non plus les activités visant à stimuler la cognition, telles que les énigmes et les jeux, car elles pourraient être bénéfiques pour les personnes ayant une cognition normale ou une déficience légère, mais peu d’études ont montré qu’elles étaient réellement bénéfiques pour la prévention.

Parmi les recommandations de l’OMS pour gérer ce problème de santé publique grandissant figure la création de politiques et de plans nationaux.

Dévora Kestel, directrice du département de la santé mentale et de la toxicomanie à l’OMS, explique qu’un élément essentiel de cette démarche consiste à veiller à ce que les personnes qui prennent soin de personnes atteintes de démence soient soutenues:

Les personnes qui s’occupent de démence sont très souvent des membres de la famille qui doivent faire des ajustements considérables à leur famille et à leur vie professionnelle pour prendre soin de leurs proches.

ISupport est actuellement disponible dans huit pays et d’autres suivront dans l’avenir.

À propos d’iSupport